Il faudra repartir

Il faudra repartir, même si les étapes sont belles…


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Japon, Koyasan : à l’ouest de la ville

Koyasan, 13 – 15 août 2014.

Après le faste de l’Oku-No-In [奥の院], nous continuons la découverte du patrimoine de Koya en nous déplaçant vers la partie ouest de la ville. Deux temples, principalement, sont à voir : le Kongobu-Ji [金剛峯寺] et le Danjo-Garan [壇上伽藍].

Au Kongobu-Ji, un dédale de pièces offre une vue sur une splendide collection de paravents peints, avant de déboucher sur un magnifique jardin sec [枯山水], composé de pierres et de graviers minutieusement ratissés, invitation grandeur nature à la contemplation…

Le complexe du Danjo-Garan abrite lui de nombreux bâtiments, dont une impressionnante pagode. C’est beau – bien sûr – mais c’est presque difficile d’apprécier ce lieu et ce moment, tellement moins prenant, envoûtant, que la forêt de cèdres de l’Oku-No-In!

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Japon, Koyasan : Oku-No-In

Koyasan, 13 – 15 août 2014.

Après le Rosoku Matsuri, la nuit à la guesthouse a été entrecoupée d’averses, parfois violentes. Ce matin pourtant, le beau temps est de retour. Nous parcourons de nouveau les chemins de l’Oku-No-In [奥の院], au milieu des immenses cèdres plusieurs fois centenaires et des stèles de pierres moussues. Ce lieu est tout simplement fantastique, il s’en dégage une atmosphère unique. Difficile de s’en arracher, mais nous devons aller voir les autres sites du Koyasan…


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Japon, Koyasan : Rosoku Matsuri, à la lueur des bougies

Koyasan, 13 – 15 août 2014.

Voila, nous avons quitté Okayama [岡山市] et son magnifique jardin, pour prendre la route du Koyasan [高野山], site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le trajet n’est pas des plus simples, loin de là. D’abord une quarantaine de minutes de Shinkansen – avec, en passant, une vue splendide sur le château d’Himeji – vers la gare de Shin-Osaka [新大阪駅], ou nous laissons la grande valise à la consigne (très bonne idée, comme nous le verrons par la suite). Puis un coup de métro, toujours bondé à la mode d’Osaka, pour aller à la station de Namba. De là, nous prenons le Limited Express (le très chouette série 30000) de la Nankai [南海電気鉄道株式会社] pour rejoindre la gare de Gokuraku-Bashi [極楽橋駅], au pied du Mont Koya. Dans les derniers kilomètres, le train grimpe et serpente dans les montagnes, les forêts de cèdres sont magnifiques, et les vues depuis la fenêtre sont… plongeantes! La dernière portion du trajet se fait en funiculaire [鋼索線] : un parcours de 800 mètres, avec 330 mètres de dénivelé, pour arriver à la Koyasan Station [高野山駅].

Un dernier morceau de route, qu’il est interdit de faire à pied (bus obligatoire, donc), permet de rejoindre la ville proprement dite. Pour la première nuit sur place, nous avons réservé une chambre dans une petite auberge très sympa, la Koyasan Gesthouse Kokuu : un cadre très épuré, bois blanc et béton, qui tient du mélange réussi entre l’auberge de jeunesse et le capsule-hôtel, tenue par Ryochi et Yuri, un couple très accueillant. Un vrai coup de cœur!

Et ce soir, le 13 août, c’est le début d’O-Bon [お盆], la fête des morts – un moment très important, où beaucoup de Japonais se retrouvent en famille, voyagent… Ici, au Koyasan, entre les 117 temples bouddhiques et les 200 000 pierres tombales du cimetière de l’Okuno-in [奥の院], se déroule à la nuit tombée le Rosoku Matsuri [ろうそく祭り], le festival des bougies. Une foule compacte vient déposer des milliers de bougies sur les bordures des chemins de pierre qui mènent, depuis le premier pont, au Torodo, le Pavillon des Lanternes. Les petites flammes éclairent les cèdres majestueux, les sépultures, les lanternes de pierre moussues. Une autre tradition consiste à dessiner un idéogramme, un kanji géant, avec de petites lanternes. Cette année, le mot choisi est « prière » : 祈, chacun peut acheter une de ces petites lanternes, écrire un vœu dessus, et participer au tracé du kanji… Toutes ces lumières, dans ce cadre, c’est magique.

Le tout se déroule dans une ambiance très festive, très bon enfant : les stands habituels des festivals sont également là pour prendre une bière, manger un morceau (on y trouve de tout, takoyaki, castellas, yakitori…) se détendre (les jeux de pèche ont beaucoup de succès auprès des plus jeunes) et acheter quelques souvenirs (Hello Kitty omniprésente). Et dès la fin du matsuri, les équipes de nettoyage se mettent à l’ouvrage, pour qu’il ne reste rien des bougies, des traces de cire et des déchets. Au bout de la nuit, s’est comme s’il ne s’était rien passé…


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Japon, Okayama : Koraku-en

Okayama, 10 – 13 août 2014.

Avant de quitter Okayama [岡山市] pour notre étape suivante, nous voulions absolument visiter le Koraku-en [後楽園], un jardin japonais de promenade, qui fait partie des « trois grands jardins » [三名園] nationaux. Le jardin est immense, en arrière-plan se détache la silhouette noire (d’un noir de corbeau) du Château d’Okayama [岡山城]. Quelques grues du Japon sont parquées dans une volière à l’entrée du parc – je ne voyais pas ces oiseaux aussi grands… C’est dommage de les voir, là, dans cette cage, bien trop à l’étroit…

Le Koraku-en se compose de plusieurs parties, certaines devant être très belles au printemps (l’explosion des prunus, des cerisiers) ou à l’automne (avec les feuilles rouges des érables). L’été, comme d’habitude au Japon, n’est pas la meilleure période pour profiter de la nature – reste cependant les fleurs de lotus, les libellules… Dans les bassins, quelques belles carpes très colorées font partie du décor. La matinée est à peine entamée, et elles sont déjà à la recherche de zones d’ombres, se glissant sous les rochers pour échapper aux rayons du soleil.


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Japon, Hiroshima

Hiroshima, 9 – 10 août 2014.

Nous devions arriver à Hiroshima [広島市] sous la pluie et le vent, avec les passages de deux typhons prévus pour ces jours-ci. Un peu plus à l’ouest, nombre de transports en bateau ou en train sont annulés ou retardés à cause de la météo. Les feux d’artifices prévus sur la côte sont reportés. Ici, quelques affiches préviennent les touristes que certaines visites n’auront pas lieu. Deux ou trois jours plus tôt, les images des commémorations du 6 août 1945 montraient les officiels en cape de pluie, sous des trombes d’eau. Pourtant, sur les deux jours que nous allons passer ici, nous ne verrons pas vraiment le mauvais temps : ciel dégagé, un peu plus de 30° au thermomètre, juste un peu de pluie la nuit tombée…

Nous commençons notre longue promenade dans le Parc du Mémorial de la Paix [広島平和記念公園] par le Dôme de la Bombe Atomique [原爆ドーム], qui, étant l’un des rares vestiges encore visible des bombardements, reste un témoignage fort et symbolique de l’histoire d’Hiroshima. Un peu plus loin dans cet immense parc, conçu par l’architecte japonais Kenzo Tange, se trouvent la flamme de la paix et le Musée du Mémorial. Une visite éprouvante, tant on y voit l’horreur et le cynisme de la guerre…

A la nuit tombée, le contraste est saisissant entre le calme et l’obscurité palpable du parc, et le dynamisme, la vie, les lumières, les couleurs des proches quartiers de Yagenbori et Nagarekawa. On retrouve un peu l’ambiance pleine de néons du Dotombori d’Osaka, la démesure en moins.

Le lendemain, nous allons nous promener dans le parc du Château d’Hiroshima [広島城]. Le parc est très agréable, la verdure apporte un peu d’ombre et de fraîcheur. Certains arbres sont des rescapés du bombardement, à nouveau verts, marqués comme symboles du renouveau. Le château est, lui, une reconstruction à l’identique datant des années 50, l’original n’ayant pas résisté…

Avant de reprendre la route et quitter Hiroshima, nous faisons une pause déjeuner dans un restaurant, Bakudanya. On y sert uniquement des tsukemen, l’une des spécialités locales, une variante de ramen : les nouilles sont servies à part avec un bouillon froid recouvert de graine de sésame, des crudités, et une sauce pimentée – au choix, sur une échelle de 0 (pour les enfants) à 20 (mission impossible). Une vraie découverte!

A la gare JR, dans l’après-midi, c’est l’effervescence : tous les shinkansen partant ou arrivant vers l’ouest sont retardés, annulés, à cause du typhon qui s’est déporté pendant la nuit vers Shikoku. Dans notre direction, Okayama, pas de problème : le Sakura 560 est à l’heure…