Il faudra repartir

Il faudra repartir, même si les étapes sont belles…


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Japon, Koyasan : après le feu, le départ

Koyasan, 13 – 15 août 2014.

Ce matin, réveil aux aurores à l’Eko-In [恵光院] : l’agitation commence dès six heures, avec les jeunes moines qui viennent débarrasser les lits et commencent à nettoyer le temple de fond en comble (difficile de ne pas penser – avec un petit rire intérieur – aux scènes de Karate Kid). La cérémonie du feu, Gomataki [護摩焚き], commence un peu après : un moine prépare un feu de bois et brûle, lentement, des plaquettes votives préparées la veille. Toute la cérémonie se déroule au rythme des sutras déclamés par un deuxième moine, accompagné par les roulements du taiko [太鼓], le tambour. Entre la chaleur du feu, les odeurs d’encens, la musique qui résonne et se répète sans fin, la fatigue pas encore évacuée du corps, cette séance est à la limite d’être hypnotisante!

Une demi-heure plus tard, après la cérémonie, le petit-déjeuner est servi dans la chambre : mélange de riz, de tofu et de miso, il est plus frugal que le dîner de la veille. Nous nous retrouvons ainsi prêts à partir, valises bouclées, alors qu’il n’est même pas neuf heures… Dans la partie ouest, à partir de la Daimon [大門], la grande porte qui marque l’entrée sur le site, nous empruntons un petit sentier qui rejoint, à travers la forêt, le sommet du mont Benten-Dake (980 et quelques mètres). Annoncé tout le long du chemin par une succession de torii [鳥居], portails un peu décrépis, un petit sanctuaire nous attend, de là le panorama sur les montagnes et les vallées environnantes est agréable.

Puis c’est le moment de quitter le Koyasan [高野山] : après avoir récupéré la valise, nous prenons le bus, puis le funiculaire, avant de passer un peu de temps dans le train pour Namba (toujours avec la Nankai, qui gentiment nous explique comment ne pas se perdre), cette fois nous choisissons le trajet sans réservation, un train local jusqu’à Hashimoto, puis un express jusqu’à Osaka [大阪市]. A petite vitesse, les beaux paysages de montagnes, les forêts, font place aux rizières, puis aux petits villages, et finalement la banlieue, les quartiers résidentiels, les buildings de la ville s’imposent de tous les côtés. Osaka n’est qu’une étape, nous poursuivons notre route en Shinkansen cette fois jusqu’à notre destination suivante, Nagoya [名古屋市]!

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Japon, Koyasan : Shukubo à l’Eko-In

Koyasan, 13 – 15 août 2014.

Au Koyasan [高野山], nombre de temples accueillent les visiteurs pour la nuit, faisant ainsi office d’auberges : c’est le Shukubo [宿], « l’hébergement des moines ». Cela permet – si l’on veut – de participer aux séances de méditations, de goûter la cuisine végétarienne, et d’assister à différentes cérémonies. C’est ainsi que nous passons notre deuxième nuit sur le mont, dans le temple Eko-In [恵光院].

C’est peu dire que la chambre est belle : les quatre panneaux du fusuma [] sont peints, le décor représente une branche de cerisier d’où s’envole une grue japonaise, sur fond de montagnes. Les couleurs – l’or, principalement – sont magnifiques. Dans les chambres voisines, nous croisons d’autres scènes, le Mont Fuji ou un envol de cigognes, c’est un véritable régal pour les yeux. Pour le reste de la pièce, c’est très classique : un sol de tatamis [] avec une table et quelques coussins, un tokonoma [床の間] agrémenté d’un vase, d’une télévision et d’un petit coffre-fort (seules concessions à la modernité?), et, au fond, une fenêtre donnant sur un minuscule jardin japonais. Au milieu du temple, un jardin intérieur invite à la contemplation…

Le dîner est servi vers 17h30 par deux jeunes moines, qui dressent la table en quatrième vitesse (en fait, deux plateaux chacun, placés à même le sol, légèrement décalés). Au menu : shojin-ryori [精進料理], une cuisine végétarienne. Ce soir, nous avons du tofu [豆腐] sous différentes formes, des tempuras [天ぷら] de légumes, quelques champignons, du riz et des nouilles, une soupe claire, quelques pickles, et un morceau d’orange au dessert. Assez copieux, et surtout très savoureux, les différents goûts sont simples et peu relevés, mais ressortent de manière très intéressante… Après le repas, et une nouvelle promenade nocturne dans l’Oku-No-In [奥の院], c’est le temps du bain chaud : nettoyage du corps de fond en comble, et plongée dans le bassin, où l’eau est brûlante! Entre-temps, la table a été débarrassée, et les futons [布団] ont pris la place au centre de la pièce. Il est temps de dormir, demain le réveil est prévu à six heures…


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Japon, Koyasan : à l’ouest de la ville

Koyasan, 13 – 15 août 2014.

Après le faste de l’Oku-No-In [奥の院], nous continuons la découverte du patrimoine de Koya en nous déplaçant vers la partie ouest de la ville. Deux temples, principalement, sont à voir : le Kongobu-Ji [金剛峯寺] et le Danjo-Garan [壇上伽藍].

Au Kongobu-Ji, un dédale de pièces offre une vue sur une splendide collection de paravents peints, avant de déboucher sur un magnifique jardin sec [枯山水], composé de pierres et de graviers minutieusement ratissés, invitation grandeur nature à la contemplation…

Le complexe du Danjo-Garan abrite lui de nombreux bâtiments, dont une impressionnante pagode. C’est beau – bien sûr – mais c’est presque difficile d’apprécier ce lieu et ce moment, tellement moins prenant, envoûtant, que la forêt de cèdres de l’Oku-No-In!


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Japon, Koyasan : Oku-No-In

Koyasan, 13 – 15 août 2014.

Après le Rosoku Matsuri, la nuit à la guesthouse a été entrecoupée d’averses, parfois violentes. Ce matin pourtant, le beau temps est de retour. Nous parcourons de nouveau les chemins de l’Oku-No-In [奥の院], au milieu des immenses cèdres plusieurs fois centenaires et des stèles de pierres moussues. Ce lieu est tout simplement fantastique, il s’en dégage une atmosphère unique. Difficile de s’en arracher, mais nous devons aller voir les autres sites du Koyasan…


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Japon, Koyasan : Rosoku Matsuri, à la lueur des bougies

Koyasan, 13 – 15 août 2014.

Voila, nous avons quitté Okayama [岡山市] et son magnifique jardin, pour prendre la route du Koyasan [高野山], site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le trajet n’est pas des plus simples, loin de là. D’abord une quarantaine de minutes de Shinkansen – avec, en passant, une vue splendide sur le château d’Himeji – vers la gare de Shin-Osaka [新大阪駅], ou nous laissons la grande valise à la consigne (très bonne idée, comme nous le verrons par la suite). Puis un coup de métro, toujours bondé à la mode d’Osaka, pour aller à la station de Namba. De là, nous prenons le Limited Express (le très chouette série 30000) de la Nankai [南海電気鉄道株式会社] pour rejoindre la gare de Gokuraku-Bashi [極楽橋駅], au pied du Mont Koya. Dans les derniers kilomètres, le train grimpe et serpente dans les montagnes, les forêts de cèdres sont magnifiques, et les vues depuis la fenêtre sont… plongeantes! La dernière portion du trajet se fait en funiculaire [鋼索線] : un parcours de 800 mètres, avec 330 mètres de dénivelé, pour arriver à la Koyasan Station [高野山駅].

Un dernier morceau de route, qu’il est interdit de faire à pied (bus obligatoire, donc), permet de rejoindre la ville proprement dite. Pour la première nuit sur place, nous avons réservé une chambre dans une petite auberge très sympa, la Koyasan Gesthouse Kokuu : un cadre très épuré, bois blanc et béton, qui tient du mélange réussi entre l’auberge de jeunesse et le capsule-hôtel, tenue par Ryochi et Yuri, un couple très accueillant. Un vrai coup de cœur!

Et ce soir, le 13 août, c’est le début d’O-Bon [お盆], la fête des morts – un moment très important, où beaucoup de Japonais se retrouvent en famille, voyagent… Ici, au Koyasan, entre les 117 temples bouddhiques et les 200 000 pierres tombales du cimetière de l’Okuno-in [奥の院], se déroule à la nuit tombée le Rosoku Matsuri [ろうそく祭り], le festival des bougies. Une foule compacte vient déposer des milliers de bougies sur les bordures des chemins de pierre qui mènent, depuis le premier pont, au Torodo, le Pavillon des Lanternes. Les petites flammes éclairent les cèdres majestueux, les sépultures, les lanternes de pierre moussues. Une autre tradition consiste à dessiner un idéogramme, un kanji géant, avec de petites lanternes. Cette année, le mot choisi est « prière » : 祈, chacun peut acheter une de ces petites lanternes, écrire un vœu dessus, et participer au tracé du kanji… Toutes ces lumières, dans ce cadre, c’est magique.

Le tout se déroule dans une ambiance très festive, très bon enfant : les stands habituels des festivals sont également là pour prendre une bière, manger un morceau (on y trouve de tout, takoyaki, castellas, yakitori…) se détendre (les jeux de pèche ont beaucoup de succès auprès des plus jeunes) et acheter quelques souvenirs (Hello Kitty omniprésente). Et dès la fin du matsuri, les équipes de nettoyage se mettent à l’ouvrage, pour qu’il ne reste rien des bougies, des traces de cire et des déchets. Au bout de la nuit, s’est comme s’il ne s’était rien passé…